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Comment Rainforest Alliance a-t-elle développé la Norme d’agriculture régénératrice ?

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Rainforest Alliance a publié la Norme d’agriculture régénératrice (NAR) le 8 septembre 2025. Cette norme a été conçue pour aider les producteurs et les entreprises à améliorer la santé des sols, la biodiversité, la résilience climatique, la gestion de l’eau et les moyens de subsistance des exploitants agricoles. Elle a été élaborée à partir de données scientifiques, d’expériences pratiques sur le terrain et d’observations provenant de partenaires du monde entier afin de créer un cadre clair et exploitable favorisant une amélioration continue pour toutes les cultures et les régions.

Une norme fondée sur des années d’apprentissage

La NAR est le fruit de plusieurs années de recherche, de pilotage et d’apprentissage. Tout a commencé en 2020 avec la publication d’un document de position suivi, en 2021, par la publication de tableaux de bord spécifiques aux cultures pour le café, le thé et le cacao afin de mesurer la performance de l’agriculture régénératrice. Entre 2023 et 2024, des projets sur le terrain ont permis de tester les approches régénératrices et de fournir des orientations techniques aux partenaires. Rainforest Alliance a également mené une étude de référence auprès de 200 caféiculteurs au Costa Rica. Ces initiatives, ainsi que plus de dix projets pilotes mis en place dans différentes entreprises et différents environnements, ont permis d’obtenir des informations concrètes sur ce qui fonctionne dans divers systèmes et contextes agricoles.

Ce processus s’appuie également sur les fondements de la Norme d’agriculture durable (NAD), qui intègre déjà des principes essentiels en matière d’agriculture régénératrice, tels que l’agroforesterie, la santé des sols, l’utilisation responsable de produits agrochimiques et la résilience climatique. Mise en œuvre sur six millions d’hectares et par près de huit millions d’exploitants agricoles et de travailleurs, la NAD nous a permis d’acquérir une vaste expérience lorsqu’il s’agit de transformer des bonnes pratiques en exigences qui fonctionnent sur le terrain.

Il a été décidé dès le début que la NAR introduirait de nouvelles exigences s’appliquant uniquement aux exploitations agricoles. Les exigences pour la chaîne d’approvisionnement sont restées les mêmes pour toutes les solutions de certification de Rainforest Alliance, ce qui signifie qu’elles sont identiques dans la RAS et la NAD. En outre, les mêmes règles d’assurance et de certification s’appliquent aux deux normes.

Avant même de commencer à développer la NAR, nous avons vérifié que des initiatives similaires n’avaient pas déjà été créées afin d’éviter de dupliquer les efforts. Grâce à nos recherches, nous avons découvert qu’il n’existait aucune définition harmonisée ou officielle du terme « agriculture régénératrice ». Nous avons également constaté que la création d’une norme d’agriculture régénératrice Rainforest Alliance pourrait offrir aux producteurs un équilibre précieux entre impact, crédibilité et accès potentiel aux marchés, tout en maintenant les efforts en matière d’investissement et de conformité à un niveau raisonnable.

Une norme, deux modes d’application

Les connaissances acquises à travers la recherche, des projets sur le terrain et la mise en place de programmes ont façonné la structure de la NAR. Dès le départ, notre objectif était de concevoir une norme flexible pouvant répondre aux différents besoins des partenaires. Cela nous a poussés à développer deux modes d’application de la norme :

  1. Comme un complément facultatif de la Norme d’agriculture durable (NAD). Dans ce mode d’application, la NAR comprend 17 exigences pour les exploitations agricoles, conçues pour les producteurs et les entreprises qui souhaitent améliorer leurs résultats en matière de santé des sols, de biodiversité et de résilience climatique. Ces dernières s’inscrivent dans le prolongement des 147 exigences déjà incluses dans la NAD.

  2. Comme une norme autonome. Dans ce mode d’application, la NAR comprend 119 exigences relatives à la santé des sols, la biodiversité et la résilience climatique, mais aussi à la gestion de l’eau, aux droits humains et aux moyens de subsistance. Sur ces 119 exigences, toutes les exigences fondamentales — et de nombreuses exigences particulières — reflètent celles de la NAD.

Environ 15 % du contenu des deux modes d’application est nouveau et reflète les objectifs spécifiques de la NAR. Ce nouveau contenu offre aux partenaires une solution axée sur l’agriculture régénératrice et conçue pour favoriser des améliorations mesurables dans ce domaine d’impact.

Le développement des exigences

Nous avons développé les exigences en nous appuyant sur l’expérience acquise lors du développement et de la mise à jour de la NAD, ainsi que sur de multiples sources de connaissances techniques, scientifiques et pratiques. Ce qui est inclus :

  • L’expertise d’équipes internationales et régionales, notamment de spécialistes du domaine et des cultures.

  • Le tableau de bord d’agriculture régénératrice pour le café et une ébauche des tableaux de bord pour le cacao et le thé, qui utilisent le niveau de performance « Argent » comme référence en matière d’objectifs et de faisabilité.

  • Une évaluation comparative par rapport aux normes des pairs, aux cadres scientifiques et aux programmes d’agriculture régénératrice de premier plan.

  • Des retours continus recueillis dans le cadre du processus d’amélioration continue de la NAD, notamment des contributions de la part des exploitants agricoles, des entreprises et d’autres partenaires partagées via de multiples canaux de communication.

Chaque exigence a fait l’objet d’un processus de validation afin de vérifier leur clarté, leur faisabilité, leurs implications en termes d’assurance et leur conformité avec l’ensemble du système de certification de Rainforest Alliance. Toutes les exigences ont été testées sur le terrain et les résultats de ces tests intégrés. Une version préliminaire de la norme a ensuite été préparée pour être soumise à consultation.

Un processus de consultation ciblé et pluripartite

Afin de s’assurer que la norme reflète les besoins et les réalités de ceux qui la mettront en œuvre, Rainforest Alliance a organisé une consultation ciblée avec 33 parties prenantes, notamment des exploitants agricoles, des experts, des entreprises et des chercheurs issus de cinq continents. Ces discussions étaient essentielles pour comprendre la façon dont l’agriculture régénératrice peut être mise en œuvre dans divers contextes et à différentes échelles, que ce soit dans de petites ou de grandes exploitations. Les contributions des participants ont permis d’élaborer une norme à la fois pertinente à l’échelle mondiale et adaptable au contexte local.

À mesure que la NAR est mise en œuvre, Rainforest Alliance continuera de mobiliser des parties prenantes externes et apportera, comme pour la NAD, des améliorations continues fondées sur de nouvelles observations et l’expérience pratique.

Cet article décrit le déroulement du processus de consultation, les acteurs qui y ont participé, les enseignements que nous en avons tirés et la façon dont nous avons pris des décisions pour élaborer la norme.

1. Pourquoi avons-nous organisé un processus de consultation ?

Le processus de consultation avait un objectif principal : s’assurer du bon fonctionnement des exigences pour les exploitations agricoles de la norme dans la pratique.

Nous avons en particulier demandé aux parties prenantes de nous aider à déterminer si le projet de norme était :

  • Conforme à l’objectif d’avoir un impact positif

  • Clair et facile à comprendre

  • Attractif pour les producteurs et les entreprises

  • Réalisable pour des exploitations agricoles de superficie différente et dans divers contextes

  • Vérifiable et mesurable

  • Sans conséquences indésirables ou néfastes

Nous les avons également invités à donner leur avis sur la faisabilité des exigences, la clarté du langage, les différences spécifiques aux régions et aux cultures et les domaines nécessitant davantage d’orientations. Tout au long du processus de consultation, nous avons sollicité des retours sur les objectifs de la norme, le cadre de l’agriculture régénératrice, le champ d’application et un résumé des exigences.

La consultation sur la NAR était axée sur les domaines dans lesquels de nouvelles exigences ou des exigences supplémentaires ont été introduites. Des éléments tels que les règles d’assurance et les exigences pour la chaîne d’approvisionnement n’ont pas été inclus dans la consultation, car ils sont valables pour toutes les solutions de certification de Rainforest Alliance et les parties prenantes publiques ont déjà été largement mises à contribution sur ces questions dans le cadre de la NAD.

Étant donné que la NAR s’appuie sur la NAD et introduit seulement quelques éléments supplémentaires, nous avons adapté l’approche de la consultation en conséquence. Les parties prenantes se sont donc concentrées sur les exigences pour les exploitations agricoles spécifiques à l’agriculture régénératrice et n’ont pas abordé les 116 exigences communes aux deux normes.

En outre, les pratiques d’agriculture régénératrice mises en œuvre dans le cadre de projets de Rainforest Alliance ne relevant pas du programme de certification n’ont pas été prises en compte. En effet, ces pratiques n’entrent pas dans le champ d’application de la certification et font donc l’objet de processus de participation des parties prenantes différents.

2. Comment le processus s’est-il déroulé ?

Nous avons organisé deux cycles de consultation entre octobre et décembre 2024 :

  1. Consultation des entreprises : Ce cycle de consultation était axé sur la faisabilité technique de la norme, sa conformité avec des normes existantes, ainsi que son applicabilité sectorielle et visait également à déterminer si les exigences proposées répondaient à un besoin clair et concret pour les entreprises souhaitant investir dans l’agriculture régénératrice.

  2. Consultation des producteurs : Ce cycle de consultation était axé sur l’application pratique de la norme, sa faisabilité, sa flexibilité et les besoins en assistance technique.

Cette consultation était adressée à un public ciblé et associait une approche dynamique et axée sur les résultats en matière d’élaboration de normes à nos principes fondamentaux que sont la participation des parties prenantes et la transparence. Le projet de norme étant très technique et devant être validé rapidement afin d’offrir de la valeur aux producteurs et aux entreprises souhaitant avoir un impact dans le domaine de la régénération, nous avons fait appel à des parties prenantes ayant une expérience pratique et directe en ce qui concerne l’application de normes, notamment des Titulaires de Certificat d’Exploitation Agricole, des organismes de certification, des entreprises et des organismes d’exécution d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Cette approche a été spécialement conçue pour nous permettre d’obtenir des contributions utiles et pertinentes sur le plan technique et de travailler de façon flexible en respectant les délais prévus pour le développement de la norme.

En sollicitant ces groupes, nous avons pu privilégier la pertinence et la qualité à la quantité et nous assurer que toutes les contributions étaient concrètes, fondées sur la réalité du terrain et directement exploitables pour améliorer les exigences du projet de norme. La plupart des suggestions ont été recueillies au cours de discussions bilatérales et d’appels de suivi organisés par les gestionnaires de compte et les experts techniques de Rainforest Alliance, ce qui a favorisé une bonne compréhension du contexte et une révision précise en interne. Tout comme les observations externes, toutes les modifications proposées ont été validées lors de sessions d’évaluation technique internes afin de s’assurer de la cohérence de toutes les exigences, de leur conformité avec les objectifs de durabilité de Rainforest Alliance, ainsi que du bien-fondé de chaque décision. Ces décisions et leurs justifications ont été systématiquement consignées pour favoriser la transparence et la traçabilité du processus.

Le processus de consultation a débuté par la rédaction du contenu technique, suivie par deux phases de discussion ciblées avec les entreprises et les producteurs entre octobre et décembre 2024. Les suggestions sur des questions agronomiques ou d’autres sujets ont été recueillies lors d’appels individuels, de discussions bilatérales et de suivis avec des gestionnaires de compte et des experts du domaine. Cela nous a permis à la fois de recueillir des observations de terrain concrètes et d’aborder des considérations plus générales, concernant par exemple les avantages économiques liés au passage à l’agriculture régénératrice. Toutes les suggestions ont été enregistrées, examinées en interne et validées en fonction des exigences du projet de norme. Les commentaires directement liés aux exigences – concernant par exemple leur clarté, leur faisabilité ou leur contenu technique – ont été pris en compte dans la version révisée du projet de norme. Les autres retours, notamment les suggestions plus générales sur le programme ou le fonctionnement, ont été examinés séparément et traités en coordination avec les équipes de Rainforest Alliance compétentes.

Les critères révisés ont ensuite été soumis au comité des normes de Rainforest Alliance, qui est composé de membres internes et externes et fournit des informations techniques et des orientations sur l’élaboration de normes. Les retours du comité ont donné lieu à des révisions supplémentaires, à la suite desquelles la norme a été examinée en interne par la direction et approuvée par le conseil d’administration de Rainforest Alliance. La nouvelle norme a été publiée en septembre 2025. Des activités de sensibilisation et de communication à plus grande échelle ont été programmées après la phase de publication afin de favoriser la transparence et une bonne compréhension de la NAR.

3. Quelles parties prenantes avons-nous consultées ?

Au total, 33 parties prenantes ont participé à la consultation ciblée :

  • Des producteurs d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie

  • Des producteurs de café, de cacao, de thé et d’agrumes

  • Des entreprises (par exemple des acheteurs et des fabricants) du secteur mondial du café, du thé et du cacao

  • Des organismes de certification et des partenaires opérationnels

En outre, nous avons mis en place un processus de socialisation avec 12 organisations afin de nous assurer de la conformité de la norme avec des initiatives d’agriculture régénératrice de plus grande envergure et de nouveaux référentiels de données. Cette approche nous a permis d’obtenir des observations équilibrées provenant de personnes chargées de mettre en œuvre la norme sur le terrain, mais aussi de partenaires de la chaîne d’approvisionnement, et portant sur une vaste zone géographique et un large éventail de produits.

4. Comment les décisions ont-elles été prises ?

Tous les commentaires ont été examinés à l’aide d’une grille d’analyse structurée. Ils ont ensuite été regroupés en différentes catégories :

  • Intégration immédiate : modification immédiate des exigences ou des documents contraignants

  • Intégration reportée : éléments nécessitant des recherches, des preuves ou un pilotage supplémentaires et à examiner ultérieurement

  • Intégration au niveau des documents d’orientation : sujets abordés dans les documents d’orientation, les annexes ou d’autres documents d’accompagnement

Les experts en matière d’assurance et de conception produit de Rainforest Alliance ont examiné chaque modification. Des experts du domaine ont validé leur précision technique en interne.

Le comité des normes de Rainforest Alliance a formulé des observations ciblées afin de favoriser l’harmonisation de la norme avec des objectifs de durabilité plus larges, ainsi que sa cohérence par rapport à d’autres normes de Rainforest Alliance.

Les dirigeants de Rainforest Alliance ont approuvé les décisions finales, en mettant en perspective les données scientifiques, la faisabilité sur le terrain et les résultats régénérateurs à long terme de la norme.

5. Quels retours avons-nous obtenus de la part des parties prenantes ?

Vous trouverez ci-dessous un bref résumé des observations recueillies.

Retours des entreprises

  • De manière générale, les entreprises ont très bien accueilli le projet de norme et se sont montrées très intéressées et impliquées.

  • Elles ont sollicité des détails techniques plus clairs.

  • Elles on exprimé leurs inquiétudes concernant le nombre d’exigences fondamentales de la version autonome de la norme.

Retours des producteurs

  • Les producteurs ont émis un avis favorable fondé sur la clarté des exigences et la facilité de mise en œuvre de la norme.

  • Ils ont exprimé leurs inquiétudes quant à la question de savoir qui financera la transition et les nouveaux intrants.

  • Ils se sont montrés intéressés par l’idée de demander de l’aide aux acheteurs pour couvrir le coût de la transition, notamment en ce qui concerne la régénération des cultures, les intrants agricoles et les alternatives aux pesticides.

6. Quelles modifications avons-nous apportées sur la base des observations thématiques ?

Part I : Observations des entreprises

Le premier cycle de consultation était axé sur le point de vue des entreprises et nous a permis de déterminer si les exigences étaient solides sur le plan technique, pratiques et adaptées à nos objectifs. Les parties prenantes ont examiné aussi bien les thèmes généraux que les exigences individuelles. Plusieurs points ont été améliorés et réorganisés sur la base de leurs retours. Vous trouverez ci-dessous un résumé des principaux thèmes abordés et des actions que nous avons mises en place.

1. Clarifier les attentes et les documents d’orientation

Observations : De nombreux participants ont sollicité des explications plus claires et des exemples pratiques, notamment pour les exigences suivantes :

  • Sélectionner des variétés végétales hautement productives, résistantes aux ravageurs et aux maladies, adaptables aux conditions locales et de source fiable

  • Maintenir au moins 10 % de la couverture de végétation naturelle

  • Conserver au moins six espèces d’arbres natifs dans les systèmes d’agroforesterie

  • S’appuyer sur du matériel sain, un espacement approprié et la gestion de l’ombre pour gérer les arbres des systèmes agroforestiers

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons ajouté des notes explicatives, des exemples illustrés et des descriptions détaillées aux annexes, aux documents d’orientation et au protocole de vérification des auditeurs, afin que les producteurs comprennent ce que l’on attend d’eux et que les auditeurs puissent évaluer la conformité de façon uniforme.

2. Concrétiser la mise en conformité

Observations : Certains participants ont soulevé des inquiétudes concernant les ressources requises pour ces exigences :

  • Mettre en œuvres des pratiques de réhabilitation et de régénération pour améliorer la santé et la productivité des cultures

  • Mettre en œuvre une gestion intégrée des adventices en limitant l’application d’herbicides à une utilisation ciblée

  • Contrôler et réduire l’utilisation de pesticides

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons mis en place des calendriers échelonnés lorsque cela était possible (par exemple des objectifs progressifs sur deux cycles de certification) et fournit des orientations supplémentaires afin de faciliter la mise en conformité sans revoir nos exigences à la baisse.

3. Réduire les doublons

Observations : Certains critères ont été considérés comme redondants, en particulier les suivants :

  • Appliquer des engrais sur la base des évaluations du sol afin de répondre aux besoins des cultures et réduire l’impact

  • Utiliser des engrais organiques et des intrants biologiques afin d’augmenter la quantité de carbone organique dans le sol

Actions de Rainforest Alliance : Pour des raisons techniques, nous n’avons pas fusionné ces critères, mais nous avons harmonisé les formulations et ajouté des références croisées afin de clarifier le lien qui les unit et éviter toute confusion.

4. Trouver des solutions réalistes pour mettre en œuvre les objectifs

Observations : Les parties prenantes ont approuvé les objectifs des exigences spécifiques, mais ont exprimé leurs inquiétudes concernant leur faisabilité à court terme :

  • Limiter l’utilisation des pesticides inclus dans la Politique d’utilisation exceptionnelle à deux ingrédients actifs et cesser de les utiliser progressivement avant la fin du cycle

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons maintenu les objectifs et ajouté des références spécifiques au secteur, des études de cas et des exemples de bonnes pratiques dans le cadre d’une feuille de route pour favoriser la transition.

5. Conformité avec d’autres cadres et normes

Observations : Les parties prenantes ont soulevé des inquiétudes quant à la compatibilité de certaines exigences avec les approches existantes en matière de tenue des registres, notamment :

  • Réaliser un suivi et tenir un registre des coûts de production et des revenus

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons supprimé cette exigence de la norme sur la base d’observations supplémentaires.

6. Améliorer la norme dans son ensemble

Observations : Les parties prenantes ont sollicité :

  • L’uniformisation de la terminologie pour l’ensemble des exigences

  • La création d’un glossaire principal

  • Une plus grande utilisation d’outils visuels (par exemple des organigrammes ou des diagrammes) pour expliquer les processus

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons harmonisé la terminologie de la norme et des annexes. Nous avons également inclus des diagrammes et des orientations visuelles supplémentaires dans les directives de mise en œuvre et mis à jour l’annexe des indicateurs et le glossaire afin de rendre la NAR plus claire et accessible.

7. Pour aller plus loin

Observations : Certaines parties prenantes ont suggéré de nouveaux éléments pour renforcer le cadre, notamment des critères supplémentaires sur l’application d’engrais organiques et l’utilisation de l’eau.

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons pris note de ces suggestions en vue de futures révisions. Afin de les mettre en œuvre, il serait nécessaire d’étudier le champ d’application, de réaliser des essais et d’organiser de nouvelles consultations avec les parties prenantes.

Part II : Observations des producteurs

Le deuxième cycle de consultation nous a permis d’obtenir des retours supplémentaires sur la mise en œuvre pratique de la norme, sa conformité avec nos objectifs et sa faisabilité. Associés aux observations des entreprises, ces retours ont permis à Rainforest Alliance de valider les objectifs de la NAR, de clarifier les exigences et de s’assurer que les documents contraignants sont à la fois pratiques et fondés sur des données scientifiques. Vous trouverez ci-dessous un résumé des principaux thèmes abordés et des actions que nous avons mises en place.

1. Mise en contexte

Observations : Les producteurs ont mis l’accent sur le fait que les exigences doivent refléter les réalités régionales, les conditions spécifiques aux cultures et les pratiques existantes. Voici ce qu’ils ont sollicité :

  • Tenir compte des limites locales en matière de variétés

  • Éviter les critères excessivement contraignants qui ne sont pas adaptés aux systèmes existants

  • Permettre une certaine flexibilité pour tenir compte des différences climatiques et géographiques

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons revu et adapté les exigences concernées (par exemple la couverture du sol pour la production de thé) afin de mieux refléter les réalités régionales, les conditions spécifiques aux cultures et les pratiques existantes.

2. Clarté

Observations : Les producteurs ont sollicité des définitions et une terminologie plus claires afin d’éviter toute interprétation erronée lors de la mise en œuvre de la norme et des audits. Leurs préoccupations concernaient principalement :

  • La clarification des termes ambigus

  • L’explication des attentes en matière d’audit et de la manière dont la conformité sera évaluée

  • L’amélioration de la structure des exigences

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons créé une terminologie spécifique à la NAR et l’avons intégrée à l’annexe Glossaire afin qu’elle soit utilisée dans toutes les normes de Rainforest Alliance.

3. Flexibilité

Observations : Les producteurs souhaitaient des approches plus adaptables, notamment pour les petites exploitations agricoles. Voici ce qu’ils ont sollicité :

  • Utiliser des modèles d’amélioration continue plutôt que des objectifs fixes

  • Adapter la mise en œuvre de la norme en fonction du type d’exploitation agricole, du type de culture et des ressources disponibles

  • Considérer certaines exigences comme des orientations plutôt que des obligations

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons introduit des modèles d’amélioration continue ainsi qu’un guide de mise en œuvre sur le terrain expliquant clairement l’applicabilité pour les petits exploitants agricoles.

4. Assistance technique

Observations : Les producteurs ont sollicité une assistance et des orientations techniques plus importantes pour atteindre les objectifs en matière d’agriculture régénératrice. Cela consiste notamment à :

  • Fournir des documents d’orientation détaillés et des outils d’aide à la décision

  • Favoriser une analyse des sols, une lutte contre les ravageurs et des systèmes d’agroforesterie plus poussés

  • Contribuer à la collecte de données et à leur interprétation

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons créé une guide de mise en œuvre et une annexe des indicateurs pour contribuer à la collecte de données et à l’interprétation de la norme.

5. Orientations pour la mise en œuvre de la norme

Observations : Les producteurs ont mis l’accent sur les obstacles pratiques à la mise en œuvre de la norme, notamment pour les petits exploitants agricoles. Voici ce qu’ils ont sollicité :

  • Proposer des formations et leur permettre de renforcer leurs compétences sur les nouvelles pratiques

  • Favoriser la tenue de registres, notamment au sein des groupes

  • Proposer des solutions évolutives pour répondre aux contraintes en matière de coûts et de main-d’œuvre

Actions de Rainforest Alliance : Nous avons créé des supports de formation qui ont été testés par les premiers acteurs à avoir adopté la norme et nous avons amélioré les orientations en nous appuyant sur les premières difficultés de mise en œuvre rencontrées.

Résumé intégré pour chaque exigence (observations des entreprises et des producteurs)

Ce tableau offre un aperçu plus détaillé et unifié des observations formulées par les entreprises et les producteurs. Il met en lumière les commentaires clés partagés par chaque groupe et les actions mises en œuvre par Rainforest Alliance pour y répondre. Le tableau indique le type de partie prenante lorsque cela est pertinent (E = entreprise, P= producteur).

Veuillez noter que les exigences ont été mises à jour sur la base des consultations et du travail des premiers acteurs à avoir mis en œuvre la norme et peuvent donc être formulées différemment (ou ne pas figurer du tout) dans la version finale de la norme publiée le 8 septembre 2025.

Exigence/thème

Observations clés (entreprises/producteurs)

Actions de Rainforest Alliance

4.1.4 – Sélection et renouvellement des variétés

E : A demandé des précisions sur le terme « haute productivité » et des orientations sur les caractéristiques de résistance.

P : A mis l’accent sur les contraintes régionales et la nécessité de disposer de délais de renouvellement flexibles.

Rainforest Alliance a inclus des seuils de conformité, une mise en contexte régionale et des objectifs d’amélioration continue dans la norme.

4.2.2 – Réhabilitation et régénération des cultures

E : A trouvé les directives relatives à l’élagage trop prescriptives.

P : A demandé une explication des différences entre réhabilitation et régénération et plus de flexibilité pour les petits exploitants agricoles.

Rainforest Alliance a proposé une adoption progressive de cette exigence afin de favoriser l’amélioration continue, a clarifié les définitions et introduit des orientations spécifiques aux cultures dans le guide de mise en œuvre de la norme sur le terrain.

4.4.8 – Santé des sols et évaluation (application d’engrais)

E : A proposé de demander aux exploitants agricoles de réaliser une analyse des sols, d’utiliser des matières organiques et de gérer l’azote.

P : A mis l’accent sur les défis logistiques et financiers posés par cette exigence, notamment pour les petits exploitants agricoles.

Rainforest Alliance a mis à jour cette exigence afin de demander aux exploitants agricoles d’effectuer une évaluation du sol et d’appliquer l’engrais de façon ciblée, accordé plus de flexibilité aux groupes de petits exploitants agricoles et fournit des indicateurs alternatifs.

4.4.9 – Engrais organiques

E : A proposé d’augmenter progressivement l’utilisation d’engrais organiques.

P : A souligné les défis liés au coût et au traitement des engrais organiques et demandé une adoption progressive de cette exigence.

Rainforest Alliance a proposé une exigence d’amélioration continue, renforcé les orientations en matière de compost et d’intrants biologiques et introduit des éléments spécifiques aux cultures.

4.4.10 – Couverture du sol

E : A sollicité des objectifs plus élevés en matière de couverture du sol et des orientations plus claires sur le processus d’audit.

P : A remis en cause la pertinence de cette exigence pour les systèmes très denses/ombragés.

Rainforest Alliance a introduit des objectifs progressifs (par exemple 60 % avant le deuxième cycle), donné des précisions sur les méthodes d’audit et enrichi la terminologie des documents d’orientation et du glossaire.

4.5.2 – Gestion intégrée des adventices

E : A sollicité des indicateurs de conformité plus clairs.

P : A soulevé des inquiétudes concernant la subjectivité et le manque de moyens des petits exploitants agricoles.

Rainforest Alliance a fournit plus de précisions sur les éléments du plan de gestion intégrée des adventices, ajouté des exemples spécifiques aux cultures et clarifié le rôle des producteurs et des administrateurs de groupes.

4.5.3 – Utilisation d’herbicide

E : A exprimé des inquiétudes concernant la faisabilité et les coûts.

P : A mentionné l’intensité du travail et des attentes floues.

Rainforest Alliance a mis en place des objectifs de réduction progressifs tout en maintenant les restrictions pour les applications ciblées et ajouté des recommandations pratiques dans les orientations pour la mise en œuvre de la norme.

4.5.4 – Lutte intégrée contre les ravageurs et utilisation de pesticides

E : A demandé plus de précisions sur la façon dont la réduction de la quantité de pesticides utilisés est mesurée.

P : A mentionné les défis posés par cette exigence en matière de faisabilité et de tenue de registres.

Rainforest Alliance a donné des précisions sur les indicateurs de réduction mesurables, proposé des objectifs progressifs et fourni des orientations sur la tenue de registres pour les petits exploitants agricoles.

4.6.14 – Utilisation exceptionnelle de pesticides

E : A exprimé des inquiétudes quant au fait de limiter l’utilisation de pesticides à deux ingrédients actifs par cycle et à la faisabilité de cette exigence à court terme.

P : A demandé plus de flexibilité en tenant compte des conditions spécifiques aux cultures.

Rainforest Alliance a maintenu cet objectif tout en proposant des solutions de réduction progressives et des orientations sur les alternatives aux pesticides à travers des études de cas.

5.4.2 – Économie agricole

E : A détecté des problèmes de compatibilité avec les systèmes de données existants et soulevé des inquiétudes concernant la faisabilité de cette exigence pour les petits exploitants agricoles.

P : A mis en avant les difficultés liées à la tenue de registres et à la fiabilité des données.

Sur la base d’observations supplémentaires, Rainforest Alliance a finalement supprimé cette exigence de la norme.

6.2.7 – Couverture de végétation naturelle

E : A souligné les défis liés à la faisabilité et à l’évaluation du respect des critères de cette exigence.

P : A sollicité des outils pratiques et une assistance en matière d’évaluation.

Rainforest Alliance a proposé des orientations en matière d’évaluation, portant notamment sur l’utilisation de la télédétection et d’outils de terrain, et intégré des recommandations supplémentaires dans les orientations pour la mise en œuvre de la norme.

6.2.8 – Agroforesterie

E : A soulevé des inquiétudes quant au nombre d’espèces qui peut être fixé arbitrairement et à la limitation du matériel végétal.

P : A soulevé des inquiétudes concernant les exigences relatives à la densité et aux strates.

Rainforest Alliance a inclus la mention suivante : « six espèces d’arbres dont au moins trois sont indigènes ». Elle a également supprimé les objectifs relatifs aux strates, accordé plus de flexibilité sur le choix des espèces et mentionné des résultats de référence.

6.2.9 – Matériel végétal et établissement (gestion des arbres des systèmes d’agroforesterie)

E : A sollicité des orientations en matière d’espacement et de protection contre le vent.

P : A exprimé des inquiétudes concernant l’approvisionnement en matériel végétal et la faisabilité de cette exigence.

Rainforest Alliance a fusionné cette exigence avec l’exigence 6.2.8 et ajouté des orientations sur l’espacement, la protection contre le vent et la sélection des espèces dans le guide de mise en œuvre de la norme.

Conclusion

Les résultats de la consultation ciblée décrits dans cet article montrent que la NAR de Rainforest Alliance a été bien accueillie, qu’elle est solide sur le plan technique et fondée sur des expériences pratiques sur le terrain. Dans leurs observations, les producteurs et les entreprises ont mis en lumière des axes d’amélioration en termes de clarté, de flexibilité et d’applicabilité aux petits exploitants agricoles. En réponse à ces observations, Rainforest Alliance a apporté des améliorations pratiques, fournit des orientations supplémentaires et proposé des approches flexibles, telles que des modèles d’amélioration continue et des calendriers échelonnés, afin que la norme soit exploitable, vérifiable et adaptée aux besoins des parties prenantes, tout en respectant les principes fondamentaux de l’agriculture régénératrice.

Grâce à ces améliorations, la norme est désormais en mesure d’accélérer la mise en œuvre de pratiques régénératrices, d’aider les producteurs et les entreprises à atteindre des résultats mesurables sur le plan social et environnemental et de proposer une solution de certification qui est à la fois pertinente à l’échelle mondiale et adaptable au contexte local.